Comme par hasard ça se passe à Lille

«Hollowcost» buzze sur le dos de la Shoah

Une enseigne de location de voiture sème le trouble à Lille, dans le Nord de la France. Le nom retenu, «Hollowcost», en a choqué plus d'un. Mais le plan marketing semble fonctionner.
«Pour être honnête, l'activité a eu du mal à décoller. Depuis que j'ai mis les autocollants sur les voitures, il y a trois semaines, ça change tout!» Effectivement, le nom de l'entreprise, qui renvoie directement à l'holocauste, a frappé les gens qui ont vu passer une des six voitures de location de Christian Camelot, rapporte le journal la La Voix du Nord.
CoupableQuand on demande à cet homme de 53 ans, «mécanicien de passion», pourquoi il a choisi un tel nom, il s'explique: «'Hollow' veut dire 'creux' et 'cost' signifie coût. Je parle d'un coût creux, d'une location pas chère.» Il ajoute qu'il a bien remarqué le jeu de mot et détaille: «Oui, mais je ne suis pas xénophobe. Je suis un gentil garçon, assure-t-il. Et puis, ça marque les esprits, les gens retiennent.»
Le quinquagénaire se moque de la polémique: «Les gens s'en fichent. Ce qu'ils veulent, c'est louer une voiture pas chère. La plupart ont eu un fou rire. Allez, 1% des gens un peu vieille France ont été choqués!» La «Voix du Nord» a demandé a des passants leur avis sur cette affaire. A la vue d'une photo du sigle de l'entreprise, ils n'ont pas réagi à la première lecture. Mais dans un deuxième temps, un quadragénaire se braque: «Ah, je vois. Je ne sais pas si c'est pour rire mais nous n'avons pas du tout le même humour!».

«Ça fait penser aux avions»

Une étudiante de 19 ans ne comprend pas l'allusion. «Ça fait penser aux avions. Ça m'évoque un mot qui ne s'écrit pas pareil. Je crois que ça a rapport à la Bible.» Après un cours d'histoire accéléré, la jeune fille s'étonne «Pourquoi il n'a pas écrit simplement 'Car low cost'?» Pour, Jean-Claude Komar, le président de la communauté juive lilloise, c'est trop: «Quel que soit l'objet publicitaire, ce nom évoque la Shoah. C'est une incitation à la haine raciale, c'est totalement inacceptable!» Le registre de commerce et des sociétés de la ville explique que l'entreprise avait été enregistrée sous un autre nom. Mais «Même si cela avait été sous le bon nom, ça n'aurait rien changé. Ils appellent leur société comme ils veulent.»
En Suisse, Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la CICAD, a réagi en déplorant cette technique commerciale «à la limite du vulgaire». «Nous ne somme plus dans la banalisation. C'est encore plus grave, nous sommes ici dans l'instrumentalisation de la Shoah.» Mais apparemment, selon lui, de tels débordements n'ont pas été constatés dans le commerce en Suisse. Par contre, les cas seraient nombreux en Asie et notamment en Thaïlande. «Les Asiatiques ont une autre sensibilité au 3e Reich que celle que l'on peut avoir en Europe.»