L'écrivain Günter Grass accuse Israël de "menacer la paix mondiale"

 

Gunter Grass

 

Agé de 84 ans, le Prix Nobel de littérature allemand Günter Grass n'a rien perdu de son goût pour la polémique. Un poème publié mercredi 4 avril par le quotidien Süddeutsche Zeitung, le prouve. En 69 vers, ce poème intitulé "Ce qui doit être dit" défend l'Iran et critique Israël qui, selon lui, "menace la paix mondiale déjà si fragile". "Je ne me tairai plus", clame l'écrivain. Et de fait, Günter Grass attaque.

 

Gunter Grass

Israël, tout d'abord. Ce "pays qui dispose depuis des années d'un arsenal nucléaire croissant -même s'il est maintenu secret- et sans contrôle, puisqu'aucune vérification n'est permise". Pour l'auteur du Tambour, d'éventuelles frappes préventives israéliennes qui viseraient des installations nucléaires iraniennes, pourraient conduire à "l'éradication du peuple iranien parce que l'on soupçonne ses dirigeants de construire une bombe atomique".

 

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Autre cible de l'écrivain : son propre pays, qui vient de vendre un sixième sous-marin à Israël, porteur d'ogives nucléaires. Enfin, troisième cible : "l'hypocrite Occident". Pas l'ombre d'une critique en revanche pour le régime de Téhéran. Se voulant pour l'occasion diplomate, Günter Grass propose la création d'une instance internationale contrôlant les armes nucléaires des deux pays.

Bien sûr, il n'est pas dupe. Cet homme de gauche qui n'a révélé qu'en 2006 son engagement dans la WaffenSS en octobre 1944 s'attend à être accusé d'antisémitisme, mais, à ses yeux, ce qu'il a dit "doit être dit".

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