Un office à la mémoire de Pétain

Arrivé l'été dernier à l'île d'Yeu, en Vendée, le curé détonne par sa pratique « à l'ancienne » de la religion. La célébration d'un office à la mémoire de Pétain a « choqué » plus d'une âme. Cette semaine, des jeunes vont évangéliser les plages.

Lundi 23 juillet, au lendemain du 70e anniversaire de la rafle du Vél d'hiv. Comme tous les ans, la tombe de Philippe Pétain, enterré à l'Île d'Yeu en 1951, accueille une gerbe de fleurs déposée par l'Association pour défendre la mémoire du Maréchal (ADMP). Une messe pour le repos de son âme se tient également à l'église de Port-Joinville, sur l'île.

Cette année, c'est Bernard Chevrel de Frileuze, le curé de la paroisse Saint-Amand, qui assure l'office. Au grand dam d'une partie de la population locale, venue manifester sa désapprobation sur le parvis de l'église.

« Jusqu'à aujourd'hui, cette cérémonie était restée très confidentielle, raconte Luc Pierlot, un résident de l'île. L'office n'avait encore jamais été assuré par le curé de l'île. » Avec lui, une quarantaine de personnes postée, silencieusement, à l'entrée de l'église. Certaines, étoile jaune sur le torse.

L'abbé Chevrel de Frileuze déplore la polémique, alimentée selon lui par un « petit noyau » de personnes. Et il minimise la portée de son geste. « On ne juge pas les actes du maréchal, précise-t-il. On invoque la sollicitude de Dieu, comme pour n'importe quel défunt. » Mais ce « micro-événement », tel que l'homme d'Église le qualifie, est aussi le révélateur d'une plus large contestation.